Une enquête criminelle historique
L’histoire de Derrière la vengeance se déroule à Saint-Vincent-de-Tyrosse, une petite commune landaise qui semble vivre tranquillement à quelques kilomètres de Bayonne. La narration du roman se déroule à deux périodes : en 1947, une femme quitte précipitamment sa maison avec son fils de cinq ans, en laissant derrière elle un lourd fardeau de regrets et de non-dits. En 2017, un accident de chasse coûte la vie à Maurice Riffau, l’héritier d’une famille prospère mais au passé trouble. Est-ce un fait isolé ? Il s’agit du quatrième accident de chasse en cinq ans dans la commune. Est-ce le hasard ou une vengeance orchestrée ?
C’est Denise, une institutrice retraitée et passionnée de polars, qui met les pieds dans le plat et qui sème le doute en affirmant que ces morts ne sont pas accidentelles. Son intuition alerte la brigade de gendarmerie locale, dirigée par la majore Alexa Lestrade et l’adjudant Alain Signac, qui se retrouvent plongés dans une enquête plus complexe qu’il n’y paraît.
À mesure que les investigations progressent, les enquêteurs découvrent des liens troublants avec la Seconde Guerre mondiale et la résistance. Loin d’être de simples accidents, ces drames semblent être le résultat d’un passé qui refuse de s’éteindre.
Une construction narrative efficace
L’un des atouts majeurs de Derrière la vengeance est sa construction narrative. L’auteure alterne entre les époques, en dévoilant petit à petit des fragments de vérité. Ce jeu entre passé et présent permet au lecteur de rassembler les pièces du puzzle tout en maintenant une tension constante.
Les chapitres bien rythmés nous entraînent dans une véritable course contre la montre où chaque indice, chaque témoignage, chaque souvenir dévoilé vient éclairer un pan du mystère. Les fantômes du passé hantent encore les vivants, et la frontière entre justice et vengeance devient de plus en plus floue.
Un polar profondément ancré dans les Landes
Au-delà de l’intrigue policière, Nathalie L. Glévarec offre un véritable hommage aux Landes. Loin des clichés, elle restitue avec authenticité l’atmosphère de cette région avec ses forêts profondes et mystérieuses, ses traditions rurales, dont la chasse, ici détournée en arme meurtrière. Elle evoque aussi son histoire complexe, marquée par la Seconde Guerre mondiale, la résistance et les tensions liées aux anciens conflits comme la guerre d’Algérie.
L’auteure s’appuie sur des archives et des témoignages authentiques pour donner une dimension réaliste et poignante à son récit. On sent un véritable travail de recherche derrière l’histoire qui donne au roman une profondeur historique intéressante.
Un premier roman maîtrisé et prometteur
Avec Derrière la vengeance, Nathalie L. Glévarec, qui est graphiste et blogueuse littéraire, réussit à créer un premier polar à la fois palpitant et émouvant. À mi-chemin entre thriller et roman historique, l’intrigue captive jusqu’à la dernière ligne. Un polar a découvrir absolument, qui vous tiendra en haleine et vous laissera à bout de souffle.
Dorian Dumont (site En'vols)
Une femme prend la fuite de sa maison en 1947. En 2017, un accident de chasse attire l'attention d'une ancienne institutrice et mobilise une brigade de gendarmerie sous la direction de la majore Alexa Lestrade et de l'adjudant Alain Signac. Pourrait-il y avoir un lien avec d'anciens accidents ? Que sait Denise qu'elle ne veut pas dire ? L'enquête sur des fantômes du passé risque d'être laborieuse ; en verrons-nous l'issue ?
Pour un premier roman, je considère que l'auteure Nathalie L.Glévarec impose un style très personnel, fait de réalisme et de sobriété. Peut-être que le fait d'avoir un fond de vérité landaise et d'avoir travaillé en se basant sur des archives peu connues a donné une consistance très particulière et émouvante à ce livre.
Nous débutons avec un accident de chasse ou ce que nous croyons être un accident de chasse comme il en arrive malheureusement trop souvent dans les campagnes. Mais l'esprit aiguisé d'une vielle femme jouant à Miss Marple va sacrément aider les gendarmes à démêler le vrai du faux. Partir de 2017 pour reculer en 1947, il faut vouloir trouver la vérité et c'est de chapitre en chapitre bien construit que nous allons voir défiler la vie de plusieurs personnages, pour certains de vrais fantômes pourrissant la vie des familles.
Étant landaise, j'avoue que les éléments non fictionnels sur la Résistance, sur la guerre d'Algérie ont levé un petit voile sur ces années de guerre. Mais le point fort est d'avoir mis en scène les mémoires d'un grand-père basque, avec la difficulté de ne pas pouvoir les lire directement puisqu'en terre landaise, on ne parle pas vraiment la langue basque.
Tragique, touchant, ce roman classé polar puisqu'il y a meurtres et enquêtes est tout autant récit historique par les faits et l'environnement géographique liés à l'auteure.
Amateurs de romans bien ancrés sur un territoire, aux valeurs universelles, ne manquez pas de découvrir une nouvelle venue dans l'univers littéraire, elle a de quoi vous séduire.
Je remercie l'auteure pour sa confiance et j'espère déjà le prochain.
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